794 point 8 (petite bibliothèque vidéoludique)

DILLO HILLS

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Règles, contrôles :

• Dévaler les collines de plus en plus vite et décoller !
• Attention à l'atterrissage : viser les descentes
• Rebondir sur quelques oiseaux au passage
• Planer, admirer les paysages, le ciel :-)

◊ Flèche du bas pour rouler et atterrir (ou clic souris en bas de l'écran)
◊ Flèche du haut pour planer (ou clic souris en haut de l'écran)

Avis :

Le gameplay proposé par Dillo Hills est aussi simple qu'agréable, inspiré de Tiny Wings pour iOS (lui même tiré de Wavespark). La sensation de décoller est sympa, grâce au zoom arrière. Les graphismes m'ont remis en mémoire deux grandes techniques qui étaient utilisées à l'époque des ordinateurs 16bits comme l'Amiga ou l'Atari ST.

La première c'est les dégradés de couleurs pour le ciel. Aujourd'hui ça semble totalement banal, mais à l'époque où les ordinateurs ne pouvaient afficher simultanément qu'un petit nombre de couleurs (16 pour le ST), certains programmeurs trouvaient des ruses pour en afficher plus, souvent dans le ciel du décor avec de beaux dégradés. Le must du must, sur Amiga notamment, c'était la possibilité de changer la palette de couleurs en temps réel (c'est-à-dire sans interrompre le jeu :-) ) pour par exemple transformer un ciel matinal en dégradé de blanc et bleu en coucher de soleil aux couleurs orangées. Bref, tout ça semble absurde aujourd'hui où il est facile de choisir les couleurs et les graphismes d'un jeu sans grosses contraintes techniques. Reste que si on est moins impressionnés par la technique que jadis, j'aime beaucoup le ciel de Dillo Hills, et c'est un élément important du jeu puisqu'il faut précisément parvenir à y maintenir notre personnage le plus longtemps possible.

La deuxième technique est elle aussi fortement liée aux jeux en 2D. Très souvent dans ces jeux l'écran défile (on parle de scrolling) de haut en bas, de gauche à droite, voire dans toutes les directions. Une manière de simuler la profondeur, de représenter des éléments en avant plan et d'autres à l'arrière, est de programmer des scrollings différentiels en jouant sur la vitesse de défilement (comme le paysage dans un train, le premier plan défilera plus rapidement). Regardez les nuages de Dillo Hills : c'est cette technique qui est utilisée. Non seulement ils défilent à différentes vitesses de gauche à droite mais aussi leur position verticale s'ajuste en fonction de la hauteur de votre personnage. Bref, là aussi ça peut sembler anodin mais un jeu comme Dillo Hills, s'il était sorti sur les machines du début des années 1990, aurait scotché tout le monde par sa beauté et sa maîtrise technique. Ce fut le cas de Shadow of The Beast, sur Amiga, qui était considéré à sa sortie en 1989 comme l'un des jeux les plus impressionnants jamais créés (comme disait Dany Boolauck dans le Tilt n°71, nov 89 "128 couleurs à l'écran et 13 niveaux de scrolling différentiel : du travail d'artiste" ;-)  ). Pour vous donner une idée des capacités des différentes machines de l'époque, voyez cette vidéo qui compare plusieurs versions, dont celle pour Amiga à 5mn42.

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ISOBALL 2

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Règles, contrôles :

• Une balle à diriger jusqu'au trou
• en modifiant son parcours
• sans la faire tomber

◊ Vous ne contrôlez pas la balle directement
◊ mais disposez des blocs pour tracer son parcours
◊ Les blocs sont en nombre limité
◊ Tout se joue à la souris

Avis :

Un petit jeu de réflexion simple et efficace. Il n'y a aucun ingrédient "action" dans ce jeu, votre habileté/dextérité n'est jamais mise à l'épreuve. Il ressemble de loin à Marble Madness, mais c'est en fait quasiment l'opposé exact ! Il faut réfléchir à une solution, disposer les blocs tranquillement à la souris, tester sa solution en lançant la boule quand on le souhaite, réessayer. On retrouve ce mécanisme dans beaucoup de jeux vidéo, le principe d'apprentissage par essais/erreurs y étant développé depuis longtemps.

Les premiers niveaux sont assez simples et auraient peut-être mérités d'être moins nombreux, mais cela dit ça permet de rendre le jeu accessible aux plus jeunes également. Il s'agit d'abord de se familiariser avec les blocs disponibles, et de les disposer comme le concepteur du jeu l'a prévu pour passer au niveau suivant. Au fur et à mesure qu'on avance dans les niveaux, des blocs nouveaux apparaissent et demandent plus de réflexion pour comprendre où les disposer. Puis la difficulté se corse, on vous propose plus de blocs que nécessaire, il y a des téléporteurs, etc.

Un bonus original est la présence de niveaux "sandbox", ou "bac à sable".

En informatique, un environnement sandbox est un environnement de test, où vous pouvez bidouiller et tester vos logiciels sans crainte de tout abimer (par exemple dans une machine virtuelle, copie de votre machine réelle).

Dans les jeux vidéo, ce terme peut faire référence à la liberté accordée au joueur. Un jeu sandbox offrira au joueur des possibilités moins contraintes, un déroulement moins linéaire. Par exemple Tetris n'est pas un jeu sandbox. Les règles sont établies, le déroulement du jeu linéaire.  Un 'exemple traditionnel de jeu plus libre est  GTA, qui permet au joueur de mettre en pause l'histoire principale, de ne pas faire avancer le scénario pour par exemple passer du temps sur la plage à faire des cascades en moto, ou bien visiter la ville, écouter la radio, etc. Bref, on laisse au joueur la possibilité de s'écarter du scénario prédéfini (déroulement linéaire), ou plutôt de passer son temps comme il le souhaite entre deux points de ce scénario. Oui donc ça reste de toute façon linéaire, on est d'accord :-) Cette notion de "liberté" dans le jeu vidéo est assez complexe (voir aussi cet article sur le gameplay émergent publié dans Gaming en 2004). Comment un jeu d'aventure, où la narration est très importante, peut-il proposer des éléments non linéaires? Si la question vous intéresse, écoutez cet entretien avec Éric Viennot et David Cage.

Mais un jeu vidéo sandbox peut également désigner un gameplay faisant un peu plus appel à la "créativité" du joueur. La aussi, un peu comme pour la "non-linéarité" qui est finalement linéaire, la "créativité" est forcément toujours sous contrainte. En fait, cela désigne souvent des jeux où il n'y a pas de solution unique, où le joueur peut inventer différents moyens de parvenir au but. Généralement ces jeux disposent d'un moteur physique . Grâce auquel on peut essayer différentes interactions entre les objets. Le point limite de cette notion est de construire un jeu sans but à atteindre, où on peut simplement agir sur des éléments et observer le résultat. Cela existe, regardez par exemple Powder Game, il s'agit finalement plus d'un jouet (sans règles, sans but) que d'un jeu.

Mais revenons à Isoball 2. Son mode sandbox consiste en un détournement des règles initiales. Cette fois il ne s'agit plus de trouver comment disposer les blocs fournis en nombre limité pour amener la balle dans le trou. Les blocs sont en quantité infinie, vous devez toujours amener la balle dans le trou, mais en construisant le chemin de sorte que le trajet dure le plus longtemps possible. Vous avez vu un exemple de ce mode dans la vidéo ci-dessus. Il donne un peu plus de liberté au joueur en ce sens qu'il n'existe pas une seule "solution" au niveau, chacun peut inventer différents parcours avec les éléments fournis. Cela apporte un agréable changement de rythme, une respiration par rapport aux règles de base.

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Entretien avec Florent Gorges au sujet de la biographie Gunpei Yokoi: vie et philosophie du Dieu des jouets Nintendo

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Le 153ème podcast audio de Gameblog est l'occasion d'entendre l'équipe de Gameblog s'entretenir pendant une bonne heure avec Florent Gorges, des éditions Pix'n Love, au sujet de la biographie Gunpei Yokoi: vie et philosophie du Dieu des jouets Nintendo.

Le livre est très intéressant et vous pouvez écouter le podcast pour vous en convaincre. À la lecture/l'écoute de la carrière de l'inventeur Gunpei Yokoi, on comprend mieux d'où vient (et où va) Nintendo, qui n'est pas tout à fait un constructeur de consoles/éditeur/développeur de jeux vidéo comme les autres. Cette société existe depuis le XIXe siècle et vend des jouets depuis très longtemps. Si le sujet vous intéresse, je vous conseille également, toujours aux éditions Pix'n Love, l'Histoire de Nintendo, vol 1 et 2.

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